Finistère Atlantique | La diversité des talents, une force motrice
Quelques jours seulement après leur participation au 24H Ultim, les marins de la classe Ultim ont désormais rendez-vous pour la deuxième édition de la Finistère Atlantique. L’épreuve, dont le coup d’envoi sera donné ce samedi 28 septembre à 13 heures, les mènera alors de Concarneau jusqu’à Antibes, avec un total de 2 000 milles à parcourir et presque autant de pièges à déjouer, notamment en Méditerranée où les phénomènes météo s’enchaînent rapidement et ne sont pas toujours prévisibles. Un programme qui promet d’ouvrir le jeu en grand et qui n’est, de ce fait, assurément pas pour déplaire à Anthony Marchand et son équipage d’Actual Ultim 3 dont la diversité des compétences, des connaissances et des expériences promet d’être un bel atout lors de ce nouveau défi.
Après avoir pris part aux 24H Ultim du 5 au 8 septembre à Lorient, les trimarans géants se préparent désormais à leur dernière confrontation de la saison : la Finistère Atlantique. S’il y a deux ans l’épreuve s’était jouée sous forme de boucle au départ et à l’arrivée de Concarneau, cette fois elle affiche un format « one way » entre la Ville Bleue et Antibes. « C’est un super format. Sportivement, le fait d’aller en Méditerranée promet d’être intéressant. On sait qu’il s’agit d’un terrain de jeu atypique et complexe. Un terrain où, météorologiquement parlant, il peut se passer plei n de choses », explique Anthony Marchand qui se réjouit d’ores et déjà à la perspective d’un scénario possiblement compliqué, à tout le moins propice aux rebondissements. « On espère que le jeu s’ouvre en grand. Que ce soit une course orientée sur la tactique et sur la stratégique plus que sur la vitesse », poursuit le skipper d’Actual Ultim 3 dont le bateau affiche le plus de milles au compteur. « L’objectif pour nous est de régater au contact. On a quelques atouts sur un tel tracé », annonce le Costarmoricain qui a renouvelé sa confiance, après un premier essai réussi au 24h Ultim, à l’équipage composé de Marie Riou, Thierry Chabagny, Alan Pennaneac’h, Alan Roberts et Ronan Treussart.
Quand diversité rime avec performance
L’équipage à la loupe : Anthony Marchand, Marie Riou, Alan Roberts, Alan Pennaneac'h, Ronan Treussart, Thierry Chabagny
Anthony Marchand : « La volonté était naturellement de conserver la même équipe qui s’entend très bien et dont la diversité des talents est réelle. Certains sont d’excellents régleurs de voiles, d’autres sont des experts en bateaux volants, d’autres sont très pointus sur le plan météo… Tous ont des expériences diverses et variées et ont, en ce sens, évidemment beaucoup à apporter au projet », détaille le skipper qui s’attend à une épreuve d’une grande intensité. « On part pour une course au large longue d’environ six jours. C’est un format qui a va imposer d’être à 100% en permanence. Les manœuvres risquent d’être nombreuses, à commencer par les changements de voiles. Ce ne sera clairement pas une navigation anodine », assure Anthony Marchand qui n’a pas oublié que lors de la première édition, le premier l’avait emporté pour 26 petites minutes seulement sur le deuxième, et que tout promet d’être possible lors de ce cru 2024, la Méditerranée obligeant d’ailleurs très souvent à savoir laisser une place importante à ses intuitions.
Marie Riou : Vainqueur de la Volvo Ocean Race 2017-2018 avec Dongfeng Race Team, skippé par Charles Caudrelier. Quadruple championne du Monde de Nacra 17 avec Billy Besson en 2013, 2014, 2015 et 2016. 6e aux Jeux Olympiques de Rio 2016 en Nacra 17. Elue marin de l’année international en 2018 avec Caroline Brouwer. Elue marin de l’année en France avec Billy Besson en 2015.
« Nous partons sur cette Finistère Atlantique avec le même équipage que lors des 24H Ultim et c’est clairement un super team. C’est une chance inouïe de pouvoir régater sur des bateaux de cette taille-là. Quand ils sont lancés à 40 nœuds au portant dans du vent stable, ce n’est vraiment que du bonheur ! Je n’avais auparavant encore jamais navigué avec Anthony. Lors de The Ocean Race, on s’était toujours croisé à bord de l'Imoca Biotherm. Je suis ravie d’être intégrée à son équipe. On va faire le maximum pour arriver à Antibes pas trop loin des copains. »
Alan Roberts : Skipper remplaçant de Clarisse Crémer pour le Vendée Globe 2024-2025. Equipier de Paul Meilhat à bord de Biotherm lors de The Ocean Race 2022-2023. Neuf saisons sur le circuit Figaro Beneteau.
« C’est très chouette de faire de l’Ultim cette année avec le Team Actual. Je considère que j’ai beaucoup de chance. Le format de cette Finistère Atlantique est génial et le parcours l’est tout autant, surtout à cette période de l’année car il n’est pas exclu que l’on doive composer avec des systèmes assez forts en Atlantique et des vents très « light » en Méditerranée. C’est clairement un tracé sur lequel tout va pouvoir se passer et où il faut s’attendre à quelques surprises. On va finir au chaud en arrivant à Antibes, ce qui n’enlève rien. L’équipage s’entend très bien. Il y a une belle dynamique à bord. On se connait tous depuis longtemps et même depuis très longtemps pour certains. On a tous la même philosophie et cela permet d’avoir un fonctionnement à bord assez fluide. On est tous très polyvalents et c’est un point fort sur ce type de bateau ! »
Alan Pennaneac’h : Sales Manager chez North Sails. Multiples saisons et multiples succès en Class40, notamment avec Jean Galfione. Idem en Ocean Fifty au côté d’Erwan Le Roux. Vainqueur de l’Armen Race 2022 à bord d’Actual.
« C’est un très beau casting qui a été fait par Anthony et le team Actual avec lequel je collabore depuis de nombreuses années dans le cadre de mon travail à la voilerie North Sails. Je suis ravi de faire partie de cet équipage et de participer avec lui à cette deuxième édition de la Finistère Atlantique. Cela va me permettre d’avoir un vrai retour d’expérience sur les voiles pour la suite. Ça va être top. Le parcours est super intéressant. On sait qu’en Méditerranée, les conditions sont toujours très incertaines. Ça promet d’être intense mais sympa. On va tout faire pour rester au contact avec les copains ! »
Ronan Treussart : Troisième de la Transat Jacques Vabre 2023 avec Pierre Quiroga en Ocean Fifty. Participation à la Route des Terre-Neuvas 2024 au côté de Christopher Pratt en Ocean Fifty. Six saisons sur le circuit Figaro Beneteau.
« Les 24H Ultim début septembre, étaient ma première course sur le support. Je me suis régalé et ça a été un super entraînement pour cette Finistère Atlantique. L’équipe est top. Je suis content de naviguer de nouveau avec Anthony avec qui, par le passé, j’ai fait trois Tour de Bretagne, une Transat AG2R et une Cap Istanbul. L’épreuve promet d’être assez intense. Ça va aller vite tout le temps et il faudra donc être concentré en permanence. L’épreuve débutera comme une transat, avec des conditions que l’on connait. Ensuite, le détroit de Gibraltar marquera l’entrée en Méditerranée et à partir de ce moment-là, on pourra un peu tout avoir. Il faut s’attendre à ce qu’il se passe des choses jusqu’à l’arrivée. Notre avantage : un bateau super bien préparé et parfaitement bien éprouvé ! »
Thierry Chabagny : 5e de la Transat Jacques Vabre 2023 avec Anthony Marchand à bord d’Actual Ultim 3. Vainqueur du Trophée Jules Verne en 2012 avec Loïck Peyron. Deuxième de la Finistère Atlantique 2022 avec Armel Le Cléac’h. Dix-sept participations à la Solitaire du Figaro (2e en 2006). Vainqueur de la Transat AG2R en 2016 avec Erwan Tabarly.
« C’est une bonne période de l’année pour aller en Méditerranée et c’est toujours sympa de contourner la pointe de l’Espagne puis de passer Gibraltar que, pour ma part, j’ai déjà franchi une fois en MOD70 lors d’un convoyage. C’est un endroit où ça peut partir un peu dans tous les sens. Idem ensuite lors de la remontée jusqu’à la côte d’Azur. C’est un segment où tout peut changer très vite et où il faut être vigilant, surtout sur des Ultim qui sont des bateaux qui accélèrent très vite, qu’il faut savoir maîtriser et qui imposent de réagir rapidement. J’ai eu la chanc e de faire la Transat Jacques Vabre à bord d’Actual Ultim 3 l’an dernier. Cela a été très formateur et hyper intéressant. Ça me fait vraiment plaisir de naviguer à nouveau à bord mais aussi et surtout de trouver Anthony qui, après son tour du monde, a gagné en maturité et en expérience de manière hallucinante. L’équipage est à l’image du skipper : compétent, motivé et facile à vivre. »